samedi, février 24, 2024

Diplomatie : comment expliquer l’inimité Angolaise vis-à-vis du Gabon ?

Il n’en fallait pas plus pour comprendre que le ciel des relations entre Libreville et Luanda était chargé de lourds nuages.  La session du sommet extraordinaire de Djibolo, en Guinée-Équatoriale, vendredi dernier, a révélé au grand jour l’inimitié de l’Angola vis-à-vis du Gabon, pays avec lequel les relations ont pourtant été souvent exemplaires depuis des décennies.
Faut-il croire que la chute du régime prédateur d’Ali Bongo Ondimba est la seule raison qui a conduit l’Angola a influencé tous les pays d’Afrique centrale, au point de les amener à épouser ses vues et de maintenir les sanctions imposées au Gabon par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) ? Il faut vraiment être naïf pour le croire. Alors, que se cache-t-il derrière la démarche angolaise ? Pour le comprendre, il faut peut-être repartir dans l’histoire et tenter de lire les sentiments qui pourraient animer ce pays ami. Beaucoup nous taxerait de mauvaise langue, et pourtant tout le monde sait que la trajectoire historique est différente entre le Gabon, pays de tradition de paix, et l’Angola dont l’histoire depuis la colonisation est émaillée d’incidents. Il n’y a qu’à se souvenir des conditions dans lesquelles l’Angola a obtenu son indépendance et de l’atmosphère qui a prévalu après l’accession du pays à la souveraineté internationale, quand on a vu le MPLA d’Agostino Neto, l’UNITA de Jonas Savimbi et le FNLA d’Holden Roberto s’opposer frontalement pour la conquête du pouvoir. À contrario, au Gabon, depuis Léon Mba Minko, aucun président, sauf peut-être le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, encore que…, n’a accédé au pouvoir de manière irrégulière. Que faut-il reprocher à quelqu’un qui, fort de ce que son pays était spolié et que l’avenir des populations se dessinait de manière apocalyptique, a pris l’engagement de libérer un peuple écrasé, victime du cynisme ambiant de ses dirigeants pour lui faire enfin admettre que c’est désormais son essor vers la félicité ?
Oligui Nguema a pourtant montré pattes blanches !
Que n’a pas fait le président de la Transition gabonaise pour convaincre l’opinion internationale de la justesse de son action ? Livrant la feuille de route de la Transition, il a non seulement expliqué que la période transitoire qui ne s’éternisera pas devrait prendre fin d’ici 2025, mais qu’il a, le 30 août dernier, été motivé par la restitution aux Gabonais de leur dignité perdue et au Gabon de ses institutions qui, force est de le reconnaître, n’existaient plus que de nom. Autre argument qui milite en faveur du Général Brice Clotaire Oligui Nguema, le Traité révisé de la CEEAC datant de 2019 qui ne prévoit pas, comme l’Article 30 de l’Acte constitutif de l’Union africaine (UA), la suspension d’un membre en cas d’un changement anticonstitutionnel de gouvernement. L’on est finalement tenté de se demander qu’est-ce que le président angolais Joao Laurenço reproche aux nouvelles autorités gabonaises ? Qui n’ont pas eu du tout tort de rappeler en consultation, l’Ambassadeur du Gabon en Angola. Tant il s’agit, avant que l’affaire ne prenne une autre tournure, de tenter de dissiper les malentendus. Si malentendus il y a.
Nzamwil de Ndoumbou

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